En pratique
Deux mois, et ce qu'ils permettent vraiment
Le délai de l'article 42 est un délai de forclusion : passé l'échéance, la décision devient définitive, quel que soit le vice invoqué.
Concrètement, seule une assignation devant le tribunal judiciaire, déposée avec un avocat, interrompt le délai. Une lettre recommandée au syndic, aussi argumentée soit-elle, ne l'arrête pas. Les deux mois servent donc à autre chose : rassembler la convocation, le procès-verbal et les annexes, identifier le vice précis, chiffrer l'enjeu pour votre lot, et décider si la procédure vaut son coût, souvent plusieurs milliers d'euros sur plusieurs mois.
Un détail que peu de copropriétaires connaissent : sauf urgence, l'exécution des travaux votés aux articles 25 et 26 est suspendue jusqu'à l'expiration de ce même délai de deux mois. C'est une fenêtre pendant laquelle rien d'irréversible ne devrait être engagé sur les décisions les plus lourdes.
Enfin, le délai ne court que si la notification est régulière. Une notification qui ne reproduit pas le texte de l'article 42, ou une copie incomplète du procès-verbal, ne le fait pas courir. Avant de vous croire hors délai, la première vérification porte sur la notification elle-même. Et avant même le vote, la plupart des vices se repèrent à la lecture de la convocation : le simulateur de majorité et le vérificateur du délai de 21 jours couvrent les deux plus fréquents.